
Si l’éditeur Good Smile Company est reconnu pour certaines statuettes particulièrement réussies et devenues cultes, ainsi que pour son rôle d’important distributeur de figurines, il l’est aussi (et surtout) pour sa célèbre gamme de toys Nendoroid.
En effet, cette collection de figurines articulées au format super deformed (SD) fait la fortune et la réussite du manufacturier.
Nous revenons aujourd’hui sur cette incontournable production, qui a fait la renommée de l’éditeur au bon sourire.
SOMMAIRE
1. Présentation de la gamme
1.1 Petit historique
1.2 Inspirations
2. Technique
2.1 Réalisation d’une Nendoroid
2.2 Quelques chiffres
2.3 Nendoron
1. Présentation de la gamme
Good Smile a débuté son activité de fabricant de figurines en avril 2005, suivant les traces de son glorieux ainé Max Factory. Mais c’est une idée lumineuse qui va lui octroyer sa célébrité à travers le monde, et surtout assurer sa trésorerie : la gamme Nendoroid, parue tout juste un an après.
Les Nendoroid sont caractérisées par leur aspect « super-deformed » (SD) qui leur donne cet air cartoonesque : une grosse tête joviale sur un petit corps grossièrement sculpté.
Dans le cas tout particulier des Nendoroid on peut vraiment parler de collection, car chaque personnage est vendu avec tout un tas de petits accessoires qui sont compatibles avec les autres nendos. Bien souvent ce sont aussi les visages interchangeables, ainsi que les couvres chefs, qui peuvent être utilisés sur d’autres corps de la collection.
Il y a vraiment un "système" Nendoroid qui permet aux passionnés de se créer des scènes, des positions et des expressions totalement inédites.
C’est sans doute une des clés de l’énorme succès de la collection, mais assurément pas la seule.
Le nom choisi pour cette toute nouvelle gamme ne l’a pas été par hasard, il a un vrai sens dans sa langue d’origine. En effet, en japonais, « nendo » signifie terre cuite, cette terre souple et argileuse servant aux créations décoratives1.
Le suffixe « -roid » renvoie à l’effet "robotique" que donne les jointures apparentes de ces toys.
1.1 Petit historique
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C’est à l’hiver 2006 que Good Smile Company fait paraître sa première Nendoroid, avec le personnage de Neko Arc (issu de la licence Melty Blood), vendue en exclusivité sur l’édition hivernale du Wonder Festival, pour 3.000 yens.
Première Nendoroid c’est beaucoup dire, car à ce moment là la marque n’existe pas encore. La numérotation débutant avec sa réédition, quelque peu modifiée, sous le numéro 01, Good Smile prendra le parti d’inclure, par la suite, cette figurine dans la collection officielle sous le numéro 00.
Le succès étant au rendez-vous, l’éditeur réédite donc son toy dans une version modifiée en avril de la même année, puis quelques années plus tard sous le n°120 (la version Ultimate).
C’est une véritable surprise pour les équipes de Good Smile, car ils ne tablaient pas vraiment sur la réussite de leur entreprise, ils souhaitent juste produire leur version d’un personnage qui leur plaisait.
Mais le vrai départ de la gamme est entamé avec la sortie en Nendoroid du personnage ultra-populaire Haruhi Suzumiya, sous le numéro 09 en juin 2007, de l’aveu même d’Aki TAKANORI (PDG de Good Smile). C’est le début de l’énorme succès de cette collection.
Dès lors, Good Smile s’est fait fort d’éditer de véritables séries dans sa gamme Nendoroid, en éditant, au maximum, plusieurs personnages d’une même série. Les interactions devenant plus « réalistes ».
Dès 2007, Good Smile permet aux manufacturiers partenaires d’éditer leurs propres Nendoroid. Ainsi FREEing, Phat!, mais aussi Orchid Seed et Max Factory, ont pu sortir des Nendoroid sous leur propre marque. Celles-ci entrent dans la numérotation officielle de la collection.
En décembre 2007, Good Smile lance une itération différente de sa gamme phare avec les Nendoroid Petit qui sont une version miniature de leurs ainées. En effet, les Petit mesurent 65 mm (au lieu de 100) et sont vendues en boite anonymes (à l'image d'un gashapon) que l'on achète pour 500 yens l'unité. Certaines sont vendues en set complet.
Je ne vais pas m'étendre sur le sujet car j'y reviendrai en détail dans la seconde partie du dossier.
On trouve, aussi, une gamme "parallèle" nommée Nendoroid Plus, qui est un peu le fourre-tout des nendos, car s'y trouvent référencées des peluches Nendoroid, porte-clés, Nendoroid spéciales... Un joyeux bazar qui sera, lui aussi, traité en partie 2 de notre saga.
En décembre 2008, l’éditeur Phat! Se voit attribuer une licence pour exploiter son idée de Nendoroid Playset : ces décors en 2 parties au format nendo. Nous en reparlerons plus en détail dans la seconde partie.
1.2 Inspirations
Les productions issues du studio Type-Moon seront énormément exploitées dans la collection, et plus généralement par l’éditeur. Difficile de dénombrer toutes les itérations de Saber parues chez GSC, tant celui-ci aime à produire le personnage sous toutes formes existantes.
La gamme Nendoroid en sera un exemple particulièrement parlant, avec pas moins de 18 nendos, dans les 240 numéros de la gamme, consacrés à une version d’un personnage Type-Moon.
L’autre licence fétiche de Good Smile est sans conteste Vocaloid et son personnage culte Miku Hatsune.
On dénombre plus de 14 Nendoroid différentes représentant la chanteuse digitale, et cela ne prend pas en compte ses versions Nendoroid Petit et Plus, car en les prenant en compte on frôlerait les 20 unités ! La toute première représentation du personnage a été rééditée 5 fois à elle seule !
Cela en fait l’icône la plus utilisée par GSC, loin devant Saber de Fate/stay night.
C’est d’ailleurs l’icône utilisée par la filiale de courses automobiles de GSC : Good Smile Racing, dans une version nommée Racing Miku qui a eu droit à maintes représentations, même en nendo.
C’est aussi Miku qui fut la première nendo du programme Cheerful Japan! (voir partie 2) -même si à ce moment là l'opération n'avait pas encore de nom-, et le personnage le plus utilisé.
La grande force des productions du "groupe" Good Smile est cette capacité à produire une itération Nendoroid de ses statuettes les plus marquantes, qu’elles aient été réalisées par la "maison mère", ou par l’un des manufacturiers du groupement : Max Factory, Phat!, FREEing…
La qualité et la médiatisation de la figurine de référence sert à sa version nendo, car celle-ci s’appuie sur sa réussite. C’est un cercle vertueux qui séduit tant les amateurs exclusifs de la gamme, que les collectionneurs de statuettes. La même recette est utilisée par Max Factory pour ses Figma.
2. Technique
La gamme Nendoroid est une collection de toys assez caractéristique car elle n’a pas de format défini, c'est-à-dire qu’on ne peut la renvoyer à une unité de mesure comparativement à la taille réelle supposée d’un personnage. On parle alors de « non-scaling », c’est une chose assez commune pour des productions du genre super-deformed.
Chacune d’entre elles mesure 100 mm, c’est la taille standard de la gamme.
Aujourd’hui, la gamme Nendoroid ne se limite pas à la collection de toys en 100mm, mais c’est un aspect que l’on traitera dans la seconde partie de ce dossier.
Chaque figurine est articulée au niveau du cou, des épaules, et des jambes, avec des articulations supplémentaires au niveau des coudes pour les productions de la gamme dite super movable.
La première réalisation à bénéficier de cet ajout est la Saber: Super Movable Edition en octobre 2010. La plus marquante reste la Miku Hastune Absolute HMO Edition, dont l’articulation supplémentaire permettait de lui faire prendre des poses réellement dynamiques autour de sa batterie, c'est assurément la version "absolue" du personnage dans la collection Nendoroid.
Les matières utilisées pour la production de ces figurines sont logiquement du PVC et de l’ABS. L’ABS pour les éléments ayant besoin d’une plus grand solidité, et le PVC pour ceux devant être plus souples.
En période de production (c'est-à-dire quasiment tout le temps), les usines qui travaillent pour Good Smile débitent 100 à 120.000 Nendoroid par mois !
Une Nendoroid est vendue actuellement2 3.500 yens, voire 3.800/4.000/4.200 selon la complexité du produit et/ou les accessoires fournis.
On en trouve qui dépassent les 4.000 yens, mais alors la Nendoroid est livrée avec un personnage complémentaire.
Ca reste des prix relativement corrects dans la mesure où les premières sorties, en 2006, valaient 3.000 yens.
Il est à noter que les socles de la gamme ont subi quelques évolutions durant les 5 années d'existance de la gamme. Les premières versions étaient techniquement très perfectibles, notamment pour les tiges ABS de soutien des personnages censés voler.
Avec le temps, plusieurs soutiens différents ont été conçus afin de répondre aux besoins de Nendoroid particulières. Un peu à l'image des Lego, Good Smile conçoit des parties pour un besoin, et les réutilise par la suite dans d'autres productions qui ont des similitudes.
Il existe 3 autres gammes dénommées Nendoroid : les Petit, Plus et Playset dont je traiterai dans la seconde partie du dossier.
Clichés du set d'acessoires de la Saber: Super Movable Edition et de sa boite, réalisés par la bloggeuse officielle de l'éditeur, Mikatan.
2.1 Réalisation d’une Nendoroid
La réalisation d’une production de cette collection diffère de celle des figurines "traditionnelles" de l’éditeur. En effet, en tant que gamme à « socle commun », la base est similaire pour les différents personnages.
Les Nendoroid ne pas sont, donc, pas réalisées uniquement grâce au travail de sculpteurs japonais, entre en compte une partie en 3D issue directement des travaux numériques du staff de Good Smile.
A la base, des roughs de la figurine sont réalisés pour définir le graphisme du personnage, ses accessoires, visages… C’est à partir de ces dessins que le sculpteur va réaliser son travail sur les corps de base.
Ces corps de base sont des réalisations numériques permettant d’avoir un socle "commun" sur lequel Nendoron et les sculpteurs de GSC vont réaliser tous les éléments de personnalisation de la figurine : costume, uniforme, expression du visage, cheveux…
Les yeux des Nendoroid sont des réalisations sur ordinateur imprimées et décalquées sur la zone prévues des visages. La « décalcomanie » est une pratique très répandue dans la production de figurines PVC.
Dans la même idée de réduction de coûts que la base commune, Good Smile réutilise beaucoup de ses moules d'accessoires pour en doter d'autres personnages, avec un léger restylage. Les réalisations sont réfléchies avec cette solution de "mutualisation" des éléments supplémentaires.
2.2 Quelques chiffres
En 2010, le tirage moyen des figurines de la gamme aura été de 20.000 exemplaires
La Nendoroid la plus vendue est la toute première version de Miku Hastune dans cette gamme, qui aura été rééditée 5 fois, de 2008 à 2010, pour un tirage total de 120.000 exemplaires !
Il est intéressant de voir l’évolution des éditions de Nendoroid chaque année :
2006 : 5 ; 2007 : 23 ; 2008 : 30 ; 2009 : 41 ; 2010 : 44 ; 2011 : 64 ; et 2012 : 58 (à ce jour2).
Où l’on voit l’importance prise par la collection chez son éditeur. En 2012, au premier semestre (jusqu’en août en fait), entre annonces et sorties effectives on dénombre 58 Nendoroid, on devrait donc au moins égaler le score de 2011 (64).
Ces chiffres ne prennent pas en compte les multiples rééditions, mais uniquement les sorties originelles de chaque unité de la collection.
Selon le PDG de Good Smile, Aki Takanori, la part des ventes de Nendoroid, dans le chiffre d’affaire de l’entreprise, s’élève à 30% (à parts égales avec les Figma et les statuettes).
Étant donné que les Nendoroid sont vendues nettement moins cher que les statuettes, en quantité le chiffre est, évidemment, bien plus élevé.
2.3 Nendoron
Un nom revient quasi-systématiquement dans les crédits d’une Nendoroid : Nendoron.
Good Smile est très discret sur son identité et sur son rôle dans la conception des productions de la gamme.
Est-ce un groupe de sculpteur ou un seul et unique homme ? D’après les informations glanées, je pencherais pour la seconde solution.
Toujours est-il qu'il est le sculpteur à l’origine des Nendoroid puisque sculpteur des premières figurines de la collection.
Par la suite, son nom est crédité en tant que "collaborateur" pour l’immense majorité des autres Nendoroid sorties à ce jour.
Il semble avoir été à l’origine du système des nendos : corps de base et articulations. En tout cas il est le seul crédité sur les toutes premières nendos, en tant que sculpteur, et notamment sur la cultissime Neko Arc.
Participe-t-il vraiment aux autres sorties de la gamme, n’est-ce qu’un simple contrôle qualité, ou bien encore une vraie participation plus ou moins directe ?
Difficile de le dire, il semble tout même être une vraie personne (sous pseudo) et non pas un nom virtuel dont se servirait l’éditeur.
LIENS UTILES :
Nendoroid.jp : site officiel de la gamme
Goodsmile.info : site officiel du manufacturier
Nendoroid.fr : site d'une passionnée française
1 : Oui je sais, ma description ressemble à celle de Wikipédia, c’est normal c’est moi qui l’ai écrite ! (et globalement plus de 80% de la page)
2 : En avril 2012.
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